Chronique de la répression ordinaire

Au printemps dernier, à Amiens comme ailleurs, jeunes et moins jeunes se sont réveillés au son d’une loi Travail injuste et régressive. Campus investis en lieu de vie et de débats, manifestations festives, nuits debouts sous la pluie. Les amiénois s’organisaient, pendant que la colère devenait générale.Mais plus la prise de conscience montait plus les flics suréquipés se montraient. Plus nous comprenions que cette loi mettait en péril toutes les luttes sociales, plus l’intimidation progressait. Vous et moi, étions ce vent de contestations et, visiblement, nous leur avons fait peur.

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Cher patron de Fakir (aussi patron de Merci Patron)

Cet article a été relayé par plusieurs médias, nous en partageons l’analyse.

Cher patron de Fakir (aussi patron de Merci Patron),

Pardonnez notre hardiesse, mais il est temps que nous parlions. On ne se connait pas mais nous avons eu maintes fois l’occasion de nous croiser lors de rassemblement sur Amiens. Permettez-nous donc de vous tutoyer, es-tu d’accord ? Nous sommes notamment venu.e.s ce fameux 12 mars où, à la suite de la sortie de ton film Merci Patron, nous nous réunissions pour faire enfin peur à nos dirigeant.e.s. Sache, cher François, que nous en avons marre d’être les bonnes betteraves de la farce ! Continuer la lecture

GOODYEAR : Une bonne année et surtout la Santé…

Et voilà, l’Etat encore une fois valet du Capital a frappé : huit anciens salariés de Goodyear ont été condamnés à 24 mois de prison dont neuf fermes pour de soit-disant violences. En fait ils ont eu le culot suprême de retenir dans l’usine deux cadres de la direction Goodyear Amiens Nord, pas de violences, pas de maltraitances, et « libération » des deux après 30 heures. Eux qui voulaient imposer les 4×8, ils ont eu un avant-goût des cadences infernales… Continuer la lecture

Amiens, commune du Chiapas

Les premières rencontres libertaires amiénoises du XXIème siècle ont eu lieu le samedi 06 juin. Il faisait beau. C’était convivial et très instructif. Nous le devons à l’intervention de camarades parisiens de la Fédération anarchiste qui ont partagé avec l’assemblée leurs expériences et réflexions. Nous les en remercions encore chaleureusement.
Lors de l’exposé, il a été notamment question de l’adhésion de la F.A. à la Sexta, et donc du Chiapas. La Sexta est la sixième déclaration de la forêt Lacandone. Elle s’inscrit dans le long processus d’émancipation collective chiapanèque rendu visible par l’insurrection des indigènes, le 1er janvier 1994 au Mexique. Continuer la lecture

L’université populaire contre l’anarchisme

Cet été, une camarade attirait l’attention de la rédaction sur la tenue d’un cours dispensé par l’Université Populaire d’Amiens intitulé « Le gouvernement contre l’Etat ». Appelés sur d’autres fronts de luttes le jour même, ce n’est que grâce à la mise en ligne sur internet de cette conférence que nous avons pu en apprécier le contenu. Une partie conséquente de l’exposé est consacrée à l’anarchisme, avec pour volonté affichée de réhabiliter ce courant politique parce qu’il questionne le principe d’autorité. L’entreprise est dans l’ensemble sympathique, mais boit le bouillon au final. Décryptage… Continuer la lecture

ANARCHY IN SAMARA

stfuscien.jpgL’heure est grave ! Pour certains du moins, d’après ce titre surprenant du courrier Picard, mais pas pour les libertaires. Le changement n’a peut-être pas encore sauté aux yeux des nombreux travailleurs qui empruntent quotidiennement cet axe névralgique d’Amiens, mais la rue Saint-Fuscien est bien un espace autogéré.

Petite explication.

Auto-proclamée hors N.F. (et hors Tafta) cette zone autonome (temporaire ?) a vu ses places de parking bitumeuses remplacées par des bosquets de plantes luxuriantes et délicieusement odorantes. Les horodateurs ont été abattus. Çà et là, à l’opposé des politiques urbaines sécuritaires contemporaines, ont été disposés aléatoirement des bancs pour que des êtres humains puissent se rencontrer et échanger dans les espaces communs qu’ils se sont ré-appropriés. Pour l’anecdote, quelques farfelus ont bâti un colombier sur les ruines des Illustrations picardes, place de l’Assassin Joffre, avec des matériaux de récupération. Continuer la lecture

Catéchisme élémentaire

Écrivains, correcteurs, éditeurs, libraires, lecteurs… camarades, amis, amants, parents, enfants, enseignants… républicains, monarchistes, fascistes, communistes, anarchistes, syndicalistes, ouvriers, patrons : ce sont les relations d’interdépendance entre les individus qui établissent la société. Son étiolement résulte du déséquilibre dans ces rapports, par le maintien de hiérarchies.
En fonction des objectifs que se donnent les groupes humains, le principe de subordination y est inégalement questionné voire admis comme allant de soi.
Certains groupes se revendiquant libertaires estiment pouvoir faire l’économie de réflexions collectives quant à leur manière de fonctionner au nom de la « souplesse », du « besoin de réactivité »… Continuer la lecture

« De tous temps les femmes n’ont-elles pas… ? »

Hasard étonnant, la réunion intitulée « Perspective révolutionnaire du féminisme » a regroupé autant de femmes que d’hommes. La présence importante de participant-e-s ne gravitant pas spécialement autour du collectif libertaire montre que le sujet n’est certainement pas passé de mode. L’amorce des échanges, malgré deux textes introductifs bien ficelés, a été un peu crispé, le thème requérant un minimum d’attention quant à la formulation des idées (puisqu’en grammaire, le neutre est masculin, le langage est-il neutre ?). Continuer la lecture

Fukushima quand tu nous tiens…

À l’occasion de l’anniversaire de Fukushima, s’est tenue une réunion publique du collectif libertaire, à l’espace Dewailly, qui posait la question suivante : « Doit-on séparer la critique du nucléaire de celle de la société qui le rend nécessaire ? ». Plusieurs points ont été abordés de manière très libre au cours de la discussion. En voici quelques-uns. Continuer la lecture

Post 1er Mai

Le premier Mai est passé. Les cerisiers du Japon étaient en fleur, c’était beau.

Le collectif libertaire d’Amiens s’est invité au défilé regroupant centrales syndicales (CGT, FSU, etc.), partis du front de gauche, structures politiques diverses (CDDF, ATTAC, RESF, etc.) et associations. Composée d’environ 200 personnes, la procession fut courte, quelques pâtés de maisons et le cortège était revenu au point de départ, le parc de la Hotoie. Le centre-ville a ainsi été évité tout comme les nombreux badauds auxquels auraient pu être distribués des tracts de propagandes : ouf, la République n’a pas été mise en péril !!! Nous avons tout juste eu le temps de diffuser l’Asticot n°3, spécial premier mai, c’est dire la longueur du trajet. Continuer la lecture